SEJOUR EN EGYPTE

Le 10ème jour du mois de Muharram, connu sous le nom d’Achoura ou « Tamxarite », est riche en histoire. Ce jour est lié à des événements significatifs impliquant de grands prophètes. La Toute-Puissance d’Allah SWT s’est manifestée à plusieurs d’entre eux en ce jour, les sauvant de manière providentielle, comme l’a bien résumé notre maître dans Kaachifatul Hijab :
ويوم عاشوراء في ذا العـام***في عاشـر المـحـرم الحرام
أو التاسع الخلاف فيه انكتم***من زاد في إنفاقه فيه اغتنم
وفيه قد وقى الإله بوسى*** آدم إدريس ونوحـا مـوسی
كذا الخليل وسليمـان النبي***من بعد داوود الرضى المهذب
يونس أيوب عيسى عبده ***وكلهم قد نال فيه رفده
Ce qui signifie :
« Celui qui augmente ses dépenses le 10ème (Achoura)ou le 9ème du mois de Muharram du calendrier lunaire aura sûrement fait un énorme profit. C’est ce jour où Allah sauva du malheur, Adam, Idris, Nuuh et Moussa. Ainsi que l’Ami de Dieu (Ibrahim), Souleymane le prophète après Daoud l’honoré. De même que Yunus, Ayoub Et Issa. Tous ont obtenu ce jour-là, le Secours Divin »
C’est également le jour où Mawlana Elhadji Ahmad Déme RTA a achevé la rédaction de Diyaou Naïrayni, un tafsir qui révolutionne l’interprétation de la Parole Sacrée en démontrant, entre autres, son caractère universel.
L’année dernière, nous avons entamé une réflexion sur les similitudes entre, Mawlana Elhadji Ahmad Déme RTA et différents prophètes, en dehors du fait que le 10 Muharram soit une date de délivrance commune pour eux. En tant qu’héritier incontestable et incontesté du prophète Muhammad SAW, le sceau des prophètes, il est évident qu’il partage des traits communs non seulement avec lui, mais aussi avec les autres prophètes. Cependant, nous avons opté de mener cette étude comparative avec le groupe de prophètes ayant des histoires célèbres qui se sont déroulées le jour de Tamxarite, car lui-même, malgré sa modestie et sans aucune prétention, a établi un parallèle entre le Tafsir et l’Arche de Nuuh. En effet, les dernières phrases qu’il a écrites de ses saintes mains dans Diyaou Naïrayni sont:

والله تعالى أعلم بمعاني كتابه وتأويله وأسرار آيه وتنزيله انتهى تفسير سورة الناس وبانتهائه استوت سفينة النجاة على جودي الإسعاد يوم الأربعاء 10 من المحرم عام 1369 هجرية 2/11/49 والحمد لله رب العالمين .وكان الشروع فيه يوم خمس من رجب 1357 هجرية 31/8/38 .
وآخر دعوانا أن الحمد لله رب العالمين ولله الحمد في الآخرة والأولى

Ce qui signifie : « Allah le Très-Haut connaît le mieux les sens de Son Livre, son interprétation, les mystères de ses versets et sa révélation. En terminant l’exégèse de la sourate An-Nas [dernière du Coran], l’Arche du Salut ‘safinatou an najaate’ se stabilise sur le mont de la félicité ‘Judy Al-Issaad’ aujourd’hui mercredi 10 Muharram 1369 de l’Hégire, coïncidant avec le 02/11/1949. Louange à Allah, Seigneur des mondes. J’ai commencé [la rédaction de ce Tafsir] le 5 Rajab 1357H (31/08/38). La fin de notre invocation est Louange à Allah, Seigneur de l’Univers. Les louanges sont à Allah dans l’au-delà et ici-bas. »
Nous avons déjà effectué une étude comparative entre lui et les prophètes Nuuh, Souleymane et Issa, que la paix soit sur eux. Cette année, nous commençons par le duo père/fils Yaqub et Yusuf, que la paix soit sur eux.
Dans le Coran, l’histoire de Yaqub et Yusuf est principalement narrée dans la sourate 12, intitulée « Yusuf ». Yaqub, prophète, a douze fils parmi lesquels Yusuf est son préféré. Après un rêve prophétique où Allah révèle à Yusuf un avenir brillant, ses frères, jaloux, complotent contre lui et le jettent dans un puits. Yusuf est ensuite secouru par une caravane et vendu comme esclave en Égypte. Là-bas, il est emprisonné à tort à cause d’une fausse accusation. Grâce à son don d’interpréter les rêves, il gagne la faveur du roi et devient un ministre influent. Une famine conduit ses frères en Égypte en quête d’aide, et Yusuf leur révèle son identité. Quarante ans plus tard, Seydina Yaqub AS retrouve son fils, recouvre la vue (qu’il avait perdue à force de pleurer l’absence de son fils) la famille est réunie. Ces retrouvailles, selon les exégètes, ont eu lieu le jour de Tamxarite.
En parlant d’Exégèse, la rédaction de la première écrite par une personne noire a été achevée ce jour-là, comme mentionné précédemment. De plus, l’impression a également été finalisée un jour de Tamxarite, selon les dires de Thierno Mouhamed Ahmad Déme RTA, premier khalife de Sokone, lors de la ziara de 2006. Une autre similitude entre l’histoire de Mawlana Elhadji Ahmad Déme RTA et celle de Seydina Yaqub et Seydina Yusuf (Paix sur eux) est que notre Cheikh a passé 20ans dans des conditions difficiles pour rédiger l’œuvre de sa vie en l’occurrence Diyaou Naïrayni. Les manuscrits de cette œuvre, Initialement partis pour impression, ont été « perdus » en Egypte pendant 40 ans pays où Yusuf le fils de Yaqub aussi été perdu pendant 40ans selon les exégètes !!
La famille était tellement angoissée à l’idée de perdre ce livre rédigé avec tant de sacrifice qu’un moment donné, elle ne pensait qu’à récupérer les manuscrits que les autorités égyptiennes avaient déclarés comme étant « perdus ». De plus, ces autorités avaient tout mis en œuvre pour conserver ce chef-d’œuvre avec elles, tant elles étaient subjuguées par sa qualité et sa profondeur intellectuelle. Impossible de ne pas penser au verset 21 de la sourate Yusuf : « Et celui qui l’acheta était de l’Egypte. Il dit à sa femme: «Accorde lui une généreuse hospitalité. Il se peut qu’il nous soit utile ou que nous l’adoptions comme notre enfant.» »
Ils ont cherché à bénéficier de Yusuf dans le passé de la même manière qu’ils ont voulu « adopter » Diyaou Naïrayni pour des raisons similaires. Cela nous fait réaliser, en tant que Sénégalais, la chance qu’Allah nous a accordée.
Ce fut un véritable défi d’obtenir les manuscrits du Conseil supérieur des affaires islamiques de la République d’Égypte. Le mercredi 16 janvier 2002, dans leurs locaux, Thierno Mouhamad Bachir Déme, petit-fils de Mawlana El Hadji Ahmad Déme RTA (qu’Allah lui accorde une longue vie), est venu chercher désespérément les manuscrits de son grand-père en compagnie de quelques officiels sénégalais. Dans un de leur bureau, il s’exclama : « Je sens l’odeur de mon grand-père ici », rappelant les paroles de Yakub AS peu de temps avant d’apprendre que son fils avait été retrouvé :
« إِنِّى لَأَجِدُ رِيحَ يُوسُفَ »
« Je décèle, certes, l’odeur de Joseph… » S12V94
C’est alors qu’il s’approcha et découvrit une femme en train de photocopier les manuscrits de Diyaou Naïrayni. C’est ainsi que le livre fut récupéré mettant fin à des années de recherche.
Les parallèles ne s’arrêtent pas là, car tout comme Yusuf AS, notre maître a également fait face à une jalousie manifeste de la part de certains de ses « frères guides religieux ». Que ce soit avant, pendant ou après la rédaction du tafsir, de nombreuses anecdotes authentiques existent pour étayer cette affirmation. Cela inclut des plaintes à l’administration coloniale de l’époque pour interdire le Cheikh la rédaction du livre, des lettres nominatives et anonymes pour le dissuader, ainsi qu’un guide religieux qui a voyagé au Maroc pour saboter la première tentative d’impression du livre en 1961. Il y a également eu un autre guide qui a dissuadé le président Senghor (qui n’était pas musulman, pour rappel) d’imprimer le livre qui a eu la volonté de le faire suite à une lettre dithyrambique d’Al Azhar sur Diyaou Naïrayni, ou encore un autre guide religieux qui a empêché la Ligue Islamique Mondiale de procéder à l’impression… Les exemples sont nombreux. Des individus se réclamant de l’islam ont tenté d’entraver la diffusion de l’interprétation de la dernière révélation d’Allah, malgré l’approbation unanime de ce tafsir parmi tous les saints contemporains de Mawlana El Hadji Ahmad Déme RTA. Comme le mentionne le Coran dans la fabuleuse sourate Yusuf:
« وَٱللهُ غَالِبٌ عَلَىٰٓ أَمْرِهِۦ وَلَٰكِنَّ أَكْثَرَ ٱلنَّاسِ لَا يَعْلَمُونَ»
« …. Et Allah est souverain en Son Commandement : mais la plupart des gens ne savent pas. »
Par la grâce d’Allah SWT le livre a été imprimé et est présent dans toutes les grandes bibliothèques de Dakar à Jakarta en passant par le Caire et Istanbul.
Parler de Seydina Yusuf AS sans mentionner sa beauté physique serait incomplet. Dans ce domaine également, Mawlana El Hadj Ahmad Déme RTA a été béni par son Seigneur. Il suffit de regarder les photos pour le constater. Ce visage ovale et harmonieusement symétrique, ce nez légèrement pointu, ce regard à la fois pénétrant mais empreint de bienveillance, ce teint noir uniforme rappelant que cet individu est la « Kaaba » des aspirants, ainsi que cette barbe grisonnante soigneusement entretenue. Malgré son âge sur certaines photos, aucune ride ni relâchement des joues ne sont visibles. En le voyant, on est immédiatement frappé par la même réaction qu’ont eue les femmes égyptiennes en voyant Seydina Yusuf AS:
« حَٰشَ لِله مَا هَٰذَا بَشَرًا إِنْ هَٰذَآ إِلَّا مَلَكٌ كَرِيمٌ »
« A Allah ne plaise ! Ce n’est pas un être humain, ce n’est qu’un ange noble ! »
D’après ceux qui ont vécu avec lui, notre description basée sur les photos ne rend pas pleinement justice à sa réalité. Ces témoins oculaires dépeignent un homme imposant, rayonnant comme tel un être de lumière, souvent vêtu de blanc assorti à ses cheveux blancs vers la fin de sa vie terrestre, la sainteté émanait perpétuellement son être:

فَتَبَارَكَ ٱللهُ أَحْسَنُ ٱلْخَٰلِقِينَ

Béni soit Allah le Meilleur des créateurs

Un être magnifique extérieurement comme intérieurement. Qu’Allah sanctifie son précieux secret


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